Ô rage ! ô désespoir !
Voici le frais orage…
Que la campagne vive où l’eau roule ou s’appuie…Anna de Noailles — L’Ombre des jours (1902).
Le vent s’était arrêté. Les arbres ne bougeaient plus. On sentait venir quelque chose d’immense.
Jean Giono — Regain (1930).
Les flottes de l’orage mettent en déroute les voiles des cumulus.
Sylvain Tesson — Aphorismes sous la lune (2008).

Anna de Noailles (1876-1933) est l’une des grandes voix de la poésie française du début du XXᵉ siècle
Née à Paris le 15 novembre 1876 sous le nom d’Anna Élisabeth de Brancovan, elle est issue d’une famille princière d’origine roumaine par son père et grecque par sa mère. Élevée dans un milieu cultivé où la musique, les lettres et les arts occupent une place essentielle, elle développe très tôt une passion pour la poésie et la littérature.
Surnommée « la muse des jardins », Anna de Noailles célèbre dans son œuvre la nature, les saisons, les paysages, les fleurs, les arbres et les orages. Sa poésie, à la fois sensuelle et lyrique, exprime un profond amour de la vie tout en étant traversée par la conscience de la fragilité de l’existence. Son style, riche en images et en musicalité, fait dialoguer l’élan vital et la méditation sur le temps qui passe.
Son salon parisien devient un lieu de rencontre incontournable de la vie intellectuelle. Elle y reçoit des écrivains et artistes tels que Marcel Proust, Colette, Jean Cocteau ou Paul Valéry. En 1921, elle reçoit le Grand Prix de littérature de l’Académie française et devient, l’année suivante, la première femme élue à l’Académie royale de langue et de littérature françaises de Belgique. En 1931, elle est la première femme élevée à la dignité de commandeur de la Légion d’honneur.
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