L’une des fonctions les plus précieuses de la littérature
Un grand roman peut nous obliger à passer trois cents pages auprès d’un être que nous aurions fui en moins d’une minute dans la vie réelle. Nous découvrons ses mensonges, ses lâchetés, ses contradictions, parfois même ses crimes. Nous constatons alors quelque chose que le jugement immédiat ne permet pas de comprendre. Un être humain peut être à la fois coupable et bouleversant, monstrueux et généreux, ridicule et attachant.
Stendhal ne cherche pas à justifier Julien Sorel ; Balzac ne nous demande pas d’aimer Vautrin ; Flaubert ne s’emploie pas à susciter notre indulgence envers Emma Bovary, ni Dostoïevski à absoudre Raskolnikov, mais tous nous empêchent de réduire un être humain à ce que nous savons de lui.
Peut-être que l’une des fonctions les plus précieuses de la littérature consiste…
Philippe Roi

Tweet X intégral sur l’excellent compte: https://x.com/7559pr
Articles connexes :
Le roman
Vous aimerez aussi
L’insaisissable beauté
août 27, 2026