Le temps des journées qui paraissaient infinies
août 30, 2026
Prolonger le sentiment de l’été
Ce pays était celui de mon bonheur. Ce sentiment se passait d’explication ; c’était une intuition, un consentement, et la survivance des jours heureux de l’enfance quand, allongé sur la pelouse grasse encore trempée de rosée, j’écoutais le bruissement du vent dans les arbres. Prêt à pleurer, j’avais déjà le cœur serré devant une joie si facile. J’appris plus tard, en apprivoisant l’absence, que les lieux que nous aimons nous aident à supporter un grand chagrin. Ils réparent, et la mer où qu’elle soit console. La mer console toujours.
Pierre Adrian, Le pays des étés (Gallimard, 2026).


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