L’océan de la conscience
Le futur déjà là : la vision de Philippe Guillemant
Extrait :
« Le multivers existe à toutes les échelles : cosmologique, quantique, à la nôtre, et ce multivers ne correspond pas à des univers séparés, mais à un ensemble de possibilités d’évolutions qui fait partie de notre réalité…
L’espace-temps flexible, ça part de l’espace-temps d’Einstein qu’on appelle l’univers-bloc… En réalité, cet espace-temps, il n’est pas figé, il est immergé, il est à la surface d’un océan, qui est l’océan du vide, c’est-à-dire l’océan de la conscience… C’est la conscience qui modifie les lignes de temps de l’espace-temps, ce qui le rend flexible, c’est-à-dire que la flexibilité de l’espace-temps est dû à l’action de la conscience…
L’océan du vide agit sur la réalité, on ne peut pas faire l’économie de l’action de quelque chose qui vient du vide sur notre réalité et qui modifie nos lignes de temps…
La conscience n’est pas produite par le cerveau, la conscience, c’est quelque chose qui correspond aux vibrations du vide, aux vibrations multidimensionnelles du vide, et qui agit clairement sur notre réalité. C’est une pensée qui correspond à l’idée même du plus grand physicien de la planète, Roger Penrose, qui a proposé la théorie de la conscience quantique depuis des décennies. Roger Penrose relie la conscience aux vibrations du vide… » Philippe Guillemant.

Cette aventure achevée, il parvint au hasard de sa chevauchée à la frontière du royaume de Gorre et arriva dans l’abbaye où Lancelot avait jadis trouvé la tombe de Galaad…
La Quête du Saint-Graal, traduite en français moderne par Emmanuelle Baumgartner. Librairie Honoré Champion, Paris (1983).
On peut faire un rapprochement avec les multivers de Philippe Guillemant ? Le royaume de Gorre, c’est l’entrée dans un nouvel univers, qui se fait via un hasard, et l’abbaye, c’est le spirituel, la conscience… ?
Oui, **on peut tout à fait proposer ce rapprochement**, à condition de le comprendre comme une **lecture symbolique et analogique**, pas comme une équivalence historique ou doctrinale.
### 1. Le royaume de Gorre : seuil, rupture, altérité
Dans la *Quête du Saint Graal*, le royaume de Gorre est traditionnellement :
* un **lieu autre**, souvent associé à l’enfermement, à l’épreuve,
* un espace où les lois ordinaires du monde arthurien sont modifiées,
* un **seuil** : on n’y entre pas sans transformation ni risque.
Dans cette perspective, l’assimiler à un « nouvel univers » au sens de Philippe Guillemant est pertinent **symboliquement** :
* Gorre fonctionne comme un **changement de plan de réalité**,
* le chevalier y pénètre non par décision rationnelle, mais « au hasard de sa chevauchée », ce qui rappelle chez Guillemant l’idée d’une **bifurcation de ligne de temps** guidée par autre chose que la causalité classique,
* ce n’est pas un ailleurs géographique banal, mais un **ailleurs ontologique**.
### 2. L’abbaye : axe spirituel et conscience
L’abbaye, surtout liée à Galaad, porte une charge symbolique très forte :
* lieu de silence, de retrait du monde,
* espace de révélation et d’accomplissement spirituel,
* point de jonction entre le visible et l’invisible.
La lire comme une **figure de la conscience** ou d’un **plan spirituel** rejoint à la fois :
* la mystique médiévale (élévation de l’âme, intériorité),
* et les modèles de Guillemant où la conscience joue un rôle actif dans la sélection ou l’accès à certaines réalités possibles.
Autrement dit :
> après le franchissement du seuil (Gorre), le chevalier atteint un **centre intérieur** (l’abbaye).
### 3. Ce que le parallèle éclaire… et ses limites
Ce rapprochement est fécond parce qu’il montre que :
* les récits médiévaux pensaient déjà le monde comme **stratifié**,
* la progression du héros est autant **intérieure** qu’extérieure,
* la réalité n’est pas unique, plate, mais traversée de niveaux.
Mais il faut garder en tête une différence essentielle :
* la *Quête du Graal* s’inscrit dans une **théologie chrétienne** (grâce, pureté, élection),
* Guillemant propose un **modèle métaphysique contemporain**, non confessionnel, inspiré de la physique et de la conscience.
Le lien n’est donc pas causal, mais **archétypal**.
### 4. En résumé
Oui, on peut lire :
* **Gorre** comme un **passage de réalité**, un changement de cadre ontologique,
* **l’abbaye** comme un **lieu de conscience et de verticalité spirituelle**,
* et l’ensemble comme une traversée de « mondes » au sens symbolique, très proche de ce que Guillemant appelle des multivers **guidés par le sens et la conscience**.
C’est une lecture moderne d’un texte ancien — et c’est précisément ce qui fait sa richesse.
Souviens-toi de toi-même et retire à l’instinct
Ce fil (ton doigt doré le dispute au matin),
Ce fil dont la finesse aveuglément suivie
Jusque sur cette rive a ramené ta vie.Paul Valéry, La jeune Parque et poèmes en prose (Gallimard, 1974). Epigraphe au texte cité plus haut.
Dans cet extrait de La Jeune Parque de Paul Valéry, l’auteur semble inviter la figure de la Parque, une sorte de figure mythologique, à une prise de conscience de soi-même. Le passage suggère une réflexion sur la vie, le destin et le rôle de l’instinct.
« Souviens-toi de toi-même » : Cette phrase incite à un retour sur soi, à une prise de conscience, un éveil. Il s’agit d’un appel à la réflexion et à la connaissance de soi, à comprendre qui on est, ce qu’on fait et ce qui guide nos actions.
« Retire à l’instinct ce fil » : Ici, Valéry parait évoquer l’idée que l’instinct (ces réactions ou désirs immédiats et non réfléchis) nous guide dans notre existence comme un fil invisible, mais aussi potentiellement trompeur. Le « fil » symbolise ce qui nous mène, ce qui nous tire à travers la vie, sans une pleine conscience de notre trajectoire.
« Ton doigt doré le dispute au matin » : Cette image est assez poétique et mystérieuse. Le « doigt doré » pourrait symboliser la lumière, la vie ou même une sorte de volonté divine. Il « dispute » au matin, ce qui peut suggérer un conflit entre la lumière de la conscience, de la raison, et les ténèbres ou les incertitudes de la nuit (symbolisant ici peut-être l’inconscient ou l’instinct).
« Ce fil dont la finesse aveuglément suivie jusque sur cette rive a ramené ta vie » : Valéry semble dire que ce fil fin et imperceptible (l’instinct) a guidé la vie de cette figure jusqu’à un point de destination (« cette rive »). Cependant, en suivant ce fil sans réfléchir, la vie a été menée de manière presque aveugle, sans véritable compréhension des choix faits.
En résumé :
Paul Valéry, dans cet extrait, cherche à faire comprendre que l’instinct, bien qu’il soit une force puissante qui nous guide tout au long de la vie, peut aussi nous conduire à une existence sans conscience véritable de soi. Il invite à s’élever au-dessus de cette guidance instinctive pour une meilleure compréhension de soi et de notre parcours, afin de ne pas se laisser entraîner aveuglément par ce fil invisible du destin. Cela pourrait aussi être une réflexion sur la condition humaine : nous sommes souvent guidés par des forces qui nous échappent, mais il est nécessaire de s’arrêter, de prendre conscience de cela, et d’agir en connaissance de cause.
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